Scepticisme
Les débats de société font souvent les manchettes. Devrions-nous, en tant qu’organisme, prendre officiellement position dans ces débats ? Certains membres le réclament et les occasions sont nombreuses : aujourd’hui c’est la laïcité de l’école publique, demain ce sera peut-être la pauvreté, l’environnement ou une autre cause humaniste. À mon avis, notre association ne devrait prendre position que sur la démarche sceptique elle-même. Je l’ai déjà soutenu et je persiste. Bien que souvent sympathiques aux causes laïques et humanistes, nous ne devrions pas nous autoproclamer tels.
Le principe d’indépendance
Prendre position par conviction idéologique va à l’encontre d’un sain scepticisme. La démarche sceptique ne nous permet pas de conclure qu’un point de vue est valable parce qu’il serait en accord avec une certaine philosophie. Elle exige plutôt observations, analyses et vérifications, afin de s’assurer qu’une idée soit le plus conforme aux faits ou le plus susceptible d’atteindre les buts visés.
Nous ne sommes pas un groupe de pression qui s’occupe de ses intérêts, mais un organisme qui vise à instruire ses membres des arguments en cause et de leur validité. Nos membres pourront alors prendre position eux-mêmes avec une meilleure connaissance des faits et des preuves.
Ceux qui expriment leurs opinions dans les pages du Québec sceptique le font en leur nom personnel. Nous leur demandons de nous présenter les faits pertinents à leur thèse et leur argumentation, sans déraper vers des considérations personnelles ou présumer des intentions de leurs opposants.
Les étiquettes superflues
Il ne me semble pas utile de s’affubler d’autres étiquettes qui pourraient indiquer que nous sommes partiaux, que nous ne nous donnerons pas la peine de considérer une certaine argumentation parce qu’elle irait à l’encontre de certains principes idéologiques auxquels nous aurions déjà adhéré.
Je reconnais que la démarche sceptique, en faisant la promotion de la pensée rationnelle, s’accorde avec des éléments importants des positions laïques et humanistes. Notre démarche prône l’enseignement des connaissances et non des croyances, comme le réclament les mouvements laïques. Elle fait confiance à la raison humaine seule pour résoudre les problèmes humains, comme le soutiennent les mouvements humanistes, plutôt que de s’en remettre à une foi doctrinale ou transcendantale.
Laïcité et humanisme sont des thèmes que l’on devrait aborder dans nos pages, comme on l’a fait récemment pour la religion et la morale. Il n’y a pas de sujets de discussion tabous chez les Sceptiques. Toutefois, les prises de position demeurent toujours personnelles.
La mission de notre organisme
Je vois notre rôle comme celui d’un journaliste d’enquête : recueillir les faits pertinents, établir des relations de cause à effet, et conclure provisoirement sur la base des faits disponibles. On cherche à décrire ce qui a le plus de chances d’être conforme à la réalité.
Toute personne sensée (qui veut réduire ses risques d’erreur) souscrit à une méthode d’investigation et d’analyse semblable à celle que nous prônons. Pour s’assurer qu’une idée est vraie, il faut la confronter aux faits, se servir de sa raison pour en déduire les conséquences probables et vérifier son impact réel. Nous serons plus libres d’arriver à des conclusions impartiales si, en tant qu’organisme, nous demeurons neutres face aux idéologies.
Le débat se poursuit. Si vous voulez y participer, faites-nous connaître votre opinion.